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Parpaings : les 7 modèles qui font la différence sur un chantier

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80 % des maisons individuelles construites en France reposent sur du parpaing. Pourtant, devant un rayon de négoce en matériaux, beaucoup hésitent : bloc creux ou plein, B40 ou B80, à bancher ou en U ? Le choix n’est pas anodin. Mettre un parpaing creux là où il faut un plein peut entraîner des éclatements au gel ou un mur qui se gorge d’eau. Voici les 7 types de parpaings utilisés sur les chantiers français, leur vrai rôle, leurs limites et leurs prix actuels.

Le bloc creux : l’incontournable des murs courants

Reconnaissable à ses 6 alvéoles régulières, le bloc creux représente l’essentiel des parpaings vendus en France. Format roi : 20x25x50 cm, vendu entre 1,50 € et 2,60 € l’unité selon la région. C’est le moins cher du marché, parfois jusqu’à trois fois moins coûteux selon la zone géographique (les prix chutent près des frontières espagnole, belge ou en Corse).

Bloc creux avec alvéoles et indications sur son utilisation en soubassement avec drainage

Son intérêt : il est léger (14 à 20 kg pièce contre 25 à 30 kg pour un plein), facile à manipuler, sécable au tiers ou aux deux tiers. Il accueille sans peine les chaînages horizontaux et verticaux dans ses alvéoles. Son défaut majeur : il se gorge d’eau et redoute le gel. Utilisé en partie enterrée sans drainage périphérique, il finit par se déliter sous l’effet du gel-dégel. Le DTU 20.1 chapitre 7 l’autorise toutefois en soubassement à condition qu’un drainage soit prévu en périphérie.

Le bloc plein et le bloc perforé : pour ce qui doit encaisser

Le bloc plein (rarement entièrement plein aujourd’hui, le plus souvent perforé de petits trous) sert aux fondations, aux soubassements et aux sous-sols. Sa densité supérieure le rend imputrescible face à l’humidité prolongée. Comptez 2 € à 5 € l’unité pour un 20 cm d’épaisseur. Son poids (jusqu’à 30 kg) ralentit la pose : là où un maçon monte 100 blocs creux par jour, il en pose 30 à 40 % de moins en plein.

L’erreur fréquente sur les chantiers en CCMI : le constructeur prévoit du B40 creux pour un vide sanitaire alors que l’étude de sol révèle une nappe à 2 mètres. Si l’eau peut stagner, le parpaing plein devient obligatoire, et le surcoût ne doit pas être facturé en plus-value : la réglementation prime sur le devis initial. À l’inverse, dans une zone sans gel et sur terrain parfaitement drainé, certains maçons expérimentés montent encore tout en creux B40, y compris les soubassements, sans dommage constaté après 15 ans.

Les blocs spéciaux qui changent tout sur un chantier

Quatre formats moins connus règlent des problèmes précis que le bloc creux standard ne sait pas traiter.

4 blocs spéciaux

Le bloc d’angle (ou bloc poteau)

Doté d’un trou central rond ou carré, il accueille le chaînage vertical en armature acier qui raidit la structure. Indispensable à chaque angle de mur, aux jonctions et autour des baies. Prix : 1 € à 2,50 € en creux, jusqu’à 4 € en version perforée. Sans chaînage vertical correctement positionné, un mur de 2,50 m de haut peut fissurer dès le premier hiver, surtout sur sol argileux soumis au retrait-gonflement.

Le bloc à bancher

En forme de H, ouvert sur deux faces, il s’assemble à sec puis se remplit de béton armé. Résultat : un mur dit « plein » extrêmement résistant, idéal pour les murs de soutènement, les piscines ou les sous-sols enterrés. Le coût d’un mur en bloc à bancher tout compris (fourniture, armature, béton, pose) tourne entre 130 € et 200 € le m² , contre 70 € à 120 € pour un mur classique. La technique exige une pose précise de l’armature et un dosage strict du béton : une coulée trop liquide fait gonfler les blocs et explose le calepinage.

Le bloc linteau (parpaing en U)

En forme de U, il sert à couler les linteaux au-dessus des portes et fenêtres, ainsi que les chaînages horizontaux périphériques. 1,50 € à 3 € l’unité. Sans lui, il faut couler un linteau en coffrage traditionnel : nettement plus long et plus coûteux en main d’œuvre.

La planelle et le bloc de jambage

La planelle est un parpaing fin de 5 cm d’épaisseur posé en bord de dalle pour masquer les bouts de plancher et limiter les ponts thermiques. Le bloc de jambage (ou de feuillure), avec un côté lisse et un côté en bride, habille les contours des baies. Sans ces deux finitions, l’enduit final accroche mal et des fissures apparaissent en quelques années sur les angles de fenêtres.

Classes de résistance : ce que cachent vraiment B40, B60, B80 et B120

Tous les parpaings sont classés selon leur résistance à la compression, exprimée en bars. Les classes courantes vont de B40 à B160.

Le B40 encaisse 40 bars, soit environ 40 tonnes par mètre linéaire pour un bloc de 50 cm. Suffisant pour une maison de plain-pied ou les étages d’une R+1 classique. Le B60 et le B80 sont utilisés pour les murs enterrés ou les bâtiments lourds, avec une capacité jusqu’à 80 tonnes par mètre linéaire. Le B120 et le B160 restent réservés aux ouvrages industriels ou aux sous-sols profonds de plusieurs étages.

Graphique illustrant les classes de résistance des blocs de parpaing B40, B60, B80 et B120

Particularité méconnue : le B80 n’existe pas en format 25 cm. Pour les pieds de mur d’un R+1 en zone humide, il faut donc passer au 20 cm en B80 ou prévoir du bloc à bancher. La résistance dépend aussi du dosage en ciment lors de la fabrication, pas seulement du format : deux blocs identiques visuellement peuvent appartenir à des classes différentes. Toujours vérifier la mention imprimée sur la palette.

Et le parpaing isolant ou le béton cellulaire ?

Le parpaing isolant intègre une couche de polystyrène expansé ou de laine de roche dans ses alvéoles. Il coûte 5 € à 15 € l’unité, soit jusqu’à 60 € à 80 € du m² rien qu’en matière. Avantage : il évite une partie de l’isolation rapportée. Inconvénient : la performance reste inférieure à une vraie isolation par l’extérieur, et le surcoût est rarement amorti sur la durée.

Le béton cellulaire (Siporex, Ytong, Thermopierre) est une alternative à part. Dix fois plus isolant qu’un parpaing classique avec un lambda de 0,1 W/m.K, il permet de réduire l’épaisseur d’isolant rapporté. Compter 105 € à 115 €/m² contre 80 € à 85 € pour un mur en agglos classiques , soit environ 30 % de surcoût en gros œuvre. Ses points faibles : la friabilité (les blocs s’ébrèchent vite à la manutention, prévoir 5 % de casse), la fixation qui exige des chevilles spécifiques, et une isolation phonique médiocre. La pose à joints minces impose une dalle parfaitement de niveau, au millimètre près.

Quel type pour quel projet ?

Pour une maison neuve standard : bloc creux B40 de 20 cm en élévation, bloc plein ou à bancher en soubassement si l’étude de sol détecte de l’humidité, blocs d’angle aux chaînages verticaux, blocs en U pour les linteaux et planelles en bord de dalle.

Pour un muret de clôture de moins de 1,20 m : bloc creux B40 avec un raidisseur tous les 3 mètres suffit, sans drainage particulier. Pour un mur de soutènement de plus d’un mètre retenant de la terre : bloc à bancher impératif, jamais du creux, et fer à béton ferraillé selon plan d’exécution. Pour une extension non porteuse : bloc creux de 15 cm en façade et de 10 cm pour les cloisons.

Évitez d’acheter en grande surface de bricolage pour un chantier complet. L’offre se limite presque toujours au bloc creux 20x25x50 standard. Pour les blocs spéciaux, passer par un négoce professionnel (Point P, Tout Faire, Gedimat) garantit la disponibilité et un prix au m² souvent inférieur de 15 à 25 %.

Trois questions qui reviennent sur les chantiers

Le parpaing creux suffit-il pour un vide sanitaire ? Oui, à condition de prévoir un drainage périphérique conforme au DTU 20.1. Sans drainage, ou en cas de risque d’accumulation d’eau, le bloc plein devient obligatoire. Un constructeur qui livre du creux malgré une étude de sol défavorable peut être contraint de remplacer sans plus-value, même si le contrat CCMI ne mentionnait que du B40.

Pourquoi le bloc à bancher coûte-t-il presque deux fois plus cher qu’un mur classique ? Parce que le prix au m² inclut le bloc (2,30 € à 2,60 €), l’armature en acier (treillis et fers verticaux), le béton coulé dans les alvéoles, et une main d’œuvre plus technique. Au bout du compte, on obtient un mur en béton armé déguisé, comparable à un mur banché traditionnel mais sans coffrage à monter ni à décoffrer.

Faut-il préférer le béton cellulaire au parpaing classique ? La réponse dépend du mode d’isolation prévu. Avec une isolation par l’extérieur en parpaing creux et 14 cm de polystyrène, on atteint le même niveau thermique qu’un mur en béton cellulaire de 30 cm, pour 15 à 20 % moins cher. Le béton cellulaire devient pertinent si l’on cherche un mur « tout-en-un » sans isolation rapportée et qu’on accepte sa friabilité et son inertie réduite par rapport à un mur en agglos isolé par l’extérieur.

Le bon bloc, pas le bloc à la mode

Le parpaing ne se choisit pas selon ce qu’on trouve en stock le jour de la commande. Chaque mur d’une maison demande son format, parfois trois ou quatre types sur un seul chantier. Le réflexe à prendre : lister les blocs nécessaires en amont, étude de sol et plans à l’appui, puis demander un devis détaillé avec le prix unitaire de chaque référence. Un mauvais choix de parpaing ne se voit pas tout de suite. Mais il finit toujours par se rappeler à votre porte-monnaie, en général au premier hiver vraiment humide.