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Poser un solin contre un mur crépis sans infiltration : le guide complet

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Un joint silicone sur du crépi granuleux, un couvreur qui repart en promettant que « ça tiendra ». Trois mois plus tard, la première tempête révèle des traces d’humidité à l’intérieur. Ce scénario se répète sur la majorité des chantiers d’extension ou de garage accolé. La jonction entre une toiture et un mur déjà crépis reste l’un des points les plus sensibles en couverture. La bonne nouvelle : avec la bonne méthode et un minimum de rigueur, un solin contre mur crépis peut rester parfaitement étanche pendant 20 à 30 ans. Voici comment procéder, étape par étape.

Ce qu’il faut préparer avant de monter sur le toit

Le matériel nécessaire pour poser un solin sur mur crépis dépend de la technique retenue (détaillée plus bas), mais un socle commun s’impose.

Fournitures : bande de solin avec bavette en plomb ou en zinc (comptez entre 15 et 25 €/ml en fourniture seule), porte-solin métallique, mastic polyuréthane type Sikaflex ou équivalent, chevilles à frapper espacées de 30 à 35 cm, et éventuellement du mortier hydrofuge si le mur nécessite un ragréage.

Outils : disqueuse avec disque diamant (indispensable pour la saignée), niveau à bulle, cordeau traceur, brosse métallique, pistolet à mastic. Prévoir aussi un harnais de sécurité et des chaussures antidérapantes pour tout travail en hauteur.

Budget global : pour une pose par un couvreur professionnel, la fourchette se situe entre 40 et 70 €/ml fourniture et main-d’œuvre comprises. Sur un linéaire classique de 6 à 8 mètres (garage ou extension), le chantier revient donc entre 240 et 560 €. En autoconstruction, diviser par deux à trois.

Étape 1 : comprendre pourquoi le crépi pose problème

Un enduit de façade (crépi projeté, gratté ou taloché) présente une surface irrégulière, parfois poreuse. Plaquer directement un solin métallique sur cette surface et sceller au silicone ne fonctionne pas dans le temps. L’eau qui ruisselle sur le mur s’infiltre par capillarité dans les micro-fissures du crépi et passe derrière le joint. Un simple bourrelet de silicone sur un enduit gratté ne crée aucune barrière physique. L’eau peut même stagner sur le bourrelet et aggraver le problème.

Deux approches fiables existent pour traiter cette difficulté : l’engravure (saignée dans le mur) et le décroûtage du crépi suivi d’une pose sur support lisse. Chaque méthode a ses conditions d’emploi.

Étape 2 : choisir entre engravure et décroûtage

L’engravure consiste à réaliser une rainure horizontale à la disqueuse, directement dans le mur, sur une profondeur de 2 cm minimum. Le haut du porte-solin vient s’encastrer dans cette saignée. L’avantage : c’est la technique la plus fiable pour bloquer l’eau. L’inconvénient : sur un mur en briques alvéolaires (type monomur de 30 cm), la saignée peut compromettre la résistance mécanique et créer un pont thermique. Sur un mur en parpaing ou en béton plein, aucun souci.

Le décroûtage revient à gratter le crépi sur une bande de 10 à 15 cm de hauteur le long de la jonction, pour retrouver le support brut (parpaing, béton). Le solin est ensuite fixé contre ce support lisse, puis recouvert d’un nouvel enduit en partie haute. Résultat plus propre esthétiquement, mais plus long et plus coûteux.

Pour choisir : sur un mur en parpaing ou en béton, l’engravure est la solution la plus rapide et la plus sûre. Sur un mur en brique monomur ou en béton cellulaire (fréquent sur les maisons à ossature), privilégier le décroûtage ou la pose avec porte-solin grillagé recouvert d’enduit.

Étape 3 : préparer le support du mur

Quel que soit le choix retenu, la préparation du mur conditionne tout le reste. Un support sale, friable ou humide garantit un échec à moyen terme.

Commencer par brosser énergiquement la zone de travail avec une brosse métallique pour éliminer mousse, poussière et particules de crépi décollées. Inspecter le mur à la recherche de fissures. Toute fissure supérieure à 1 mm doit être rebouchée avec un enduit de réparation (un pot de 5 kg coûte entre 10 et 20 €). Laisser sécher au moins 24 heures avant de poser quoi que ce soit.

Si la technique retenue est l’engravure : tracer une ligne parfaitement horizontale au cordeau à poudre, puis réaliser la saignée à la disqueuse. Profondeur : 2 cm minimum. Largeur : la largeur du disque suffit (environ 3 mm). Aspirer soigneusement la poussière de la rainure avant la pose.

Si la technique retenue est le décroûtage : gratter le crépi à la disqueuse ou au burin sur une bande régulière. Viser une surface la plus plane possible. Un ragréage au mortier hydrofuge peut être nécessaire si le support est très irrégulier.

Étape 4 : poser le solin et le porte-solin

La pose suit un ordre précis. Toute inversion compromet l’étanchéité.

Tracer l’emplacement du porte-solin sur le mur en prenant en compte la largeur de la bavette : celle-ci doit atteindre au moins le milieu des tuiles au niveau de la jonction. Un tracé trop haut ou trop bas réduit la couverture effective du solin.

Appliquer un cordon épais de mastic PU (type Sikaflex) sur toute la longueur de la partie verticale du solin, côté mur. Ce cordon assure une première étanchéité avant fixation mécanique.

Fixer le porte-solin contre le mur à l’aide de chevilles à frapper tous les 30 à 35 cm. La partie verticale doit plaquer parfaitement contre le mur. Tout jour, même d’un millimètre, est une entrée d’eau potentielle.

Raccords entre éléments : les bandes de solin standard mesurent 2 mètres. Prévoir un chevauchement d’au moins 10 cm entre deux bandes. Renforcer chaque raccord avec un trait de mastic PU sur toute la largeur du chevauchement.

Finition en partie haute : si engravure, le haut du solin s’insère dans la rainure. Remplir l’espace restant avec du mastic PU, pas du silicone (le PU adhère mieux au support minéral et reste souple plus longtemps). Si décroûtage, recouvrir la partie haute du solin d’une couche de mortier ou d’enduit, en formant un biseau qui guide l’eau vers l’extérieur.

Étape 5 : vérifier l’étanchéité avant de ranger l’échelle

Trop de chantiers s’arrêtent à la pose sans test. Prendre un tuyau d’arrosage et projeter généreusement de l’eau sur le mur, au-dessus du solin, pendant au moins 5 minutes. Observer depuis l’intérieur s’il y a la moindre trace d’humidité. Si infiltration, le problème vient presque toujours d’un raccord mal mastiqué ou d’un jour entre le solin et le mur.

Après validation, laisser sécher le mastic 24 à 48 heures avant toute nouvelle exposition à la pluie.

Les erreurs qui reviennent le plus souvent

Le silicone seul sur crépi est la première cause d’échec. Le silicone n’adhère pas durablement sur un enduit irrégulier. Au bout de 2 à 3 ans, il se décolle et l’eau passe derrière.

Le solin posé en oblique , à distance du mur, plutôt que plaqué verticalement contre lui. La partie verticale du solin doit toucher le mur sur toute sa hauteur. Un angle, même léger, crée une réserve d’eau.

Traiter seulement une partie du linéaire. L’eau cherche toujours le point faible. Un solin parfait sur 4 mètres mais absent sur les 50 derniers centimètres suffit à provoquer une infiltration.

Poser sur un ancien goudron ou revêtement bitumineux sans le retirer. L’adhérence du mastic sur ces supports anciens est quasi nulle. Tout décaper avant repose.

Utiliser du mortier classique comme unique étanchéité. Le mortier fissure sous l’effet des dilatations thermiques. Il reste utile en finition (pour recouvrir un porte-solin grillagé), mais ne constitue jamais une barrière étanche à lui seul. En cas de remplacement d’une tuile, il faudra casser tout le solin mortier sur toute la longueur, soit plusieurs jours de travail là où un solin à bavette plomb aurait permis une intervention en 30 minutes.

Le bon réflexe pour un résultat durable

Un solin contre mur crépis bien posé ne demande ensuite qu’une inspection visuelle par an, idéalement après l’hiver. Vérifier l’absence de fissure au niveau du mastic, l’état des fixations et le bon écoulement de l’eau sur la bavette. Avec un solin métallique correctement encastré ou posé sur support lisse, la durée de vie dépasse couramment 25 ans. Le seul investissement qui compte vraiment, c’est la préparation du support. Tout le reste en découle.