Votre plaque affiche deux caractères clignotants, refuse de chauffer, et vous voilà à chercher ce que veut dire ce fichu E5 ? La mauvaise nouvelle, c’est qu’il n’existe aucune liste universelle : le même code désigne une surchauffe chez un fabricant et un problème de fréquence réseau chez un autre.
La bonne, c’est qu’une bonne part de ce qui s’affiche n’est pas une panne du tout. Voici l’ordre dans lequel prendre les choses, et ce que ça coûte quand ça résiste.
Ce qui s’affiche est-il vraiment un code de panne ?
Avant de chercher une traduction, regardez ce qui est écrit. Beaucoup de tables affichent des lettres seules qui sont de simples indicateurs de fonctionnement, et pas des défauts.

Les plus courants sont faciles à reconnaître :
- U seul : zone allumée sans récipient, ou récipient non magnétique.
- H : la zone est encore chaude, simple chaleur résiduelle.
- L ou bloc : sécurité enfant active, il suffit de déverrouiller.
- Niveau de puissance qui clignote : fond de casserole trop petit.
- EA chez certaines marques : l’ustensile appelle trop de courant. Changez de poêle.
Le verrouillage mérite une mention à part, parce qu’il envoie beaucoup de monde chez le réparateur pour rien. Si votre table ne répond plus du tout et affiche un symbole de cadenas, ce n’est pas une panne : la marche à suivre pour enlever le cadenas d’une plaque à induction Siemens prend une dizaine de secondes.
Coupez au disjoncteur pendant 30 secondes, pas au bouton
L’appui long sur la touche marche/arrêt ne réinitialise rien du tout. Il éteint l’affichage, la carte électronique, elle, reste alimentée et garde son défaut en mémoire.
La réinitialisation qui compte est une coupure franche de l’alimentation. La documentation des fabricants est explicite sur la durée : au moins 30 secondes, et pour une table encastrée, la coupure se fait dans le tableau électrique puisqu’il n’y a aucune prise accessible sous le plan de travail.
En pratique :
- Retirez les casseroles de la table.
- Coupez le disjoncteur dédié à la plaque, ou à défaut le disjoncteur de la cuisine.
- Comptez 30 secondes pleines, montre en main. Cinq secondes ne suffisent pas à vider les condensateurs.
- Remettez le courant et rallumez la table.
Si votre plaque est simplement bloquée par la sécurité enfant, cette coupure ne changera rien, et c’est normal : le verrouillage est mémorisé. Le geste de déblocage change d’une marque à l’autre, et déverrouiller une plaque à induction Bosch ne ressemble en rien au traitement d’un défaut électronique.
Le code revient-il après la coupure ? Tout se joue là
C’est le test qui vaut toutes les listes de codes. Un code de sécurité disparaît après la coupure et ne revient qu’en présence de la cause qui l’a déclenché : récipient inadapté, liquide qui a débordé sur le clavier, chaleur excessive.
Un code de panne matérielle, lui, réapparaît dans les secondes qui suivent la remise sous tension. Parfois avant même que vous ayez posé une casserole.

Faites la coupure deux fois plutôt qu’une, en laissant la plaque refroidir 20 à 30 minutes entre les deux si le code parlait de température. Un défaut thermique a besoin que la sonde redescende pour s’effacer, et une seule tentative à chaud donne un faux verdict de panne.
Nous déconseillons de commander une carte de puissance tant que le code n’a pas résisté à deux coupures franches de 30 secondes. C’est la dépense la plus fréquente et la plus inutile de ce dépannage : une pièce à trois chiffres achetée pour un défaut qui se serait effacé tout seul.
Cette logique n’est d’ailleurs pas propre à l’induction. Sur un multicuiseur, le raisonnement est identique, comme le montre le code erreur 21 d’un Cookeo : couper l’alimentation, observer si le défaut revient, et seulement ensuite chercher la pièce.
Le tableau : code, cause probable, geste, coût si ça persiste
Les correspondances ci-dessous valent pour les familles de codes les plus répandues. Vérifiez toujours la marque avant d’appliquer un geste, pour la raison expliquée juste après.

| Ce qui s’affiche | Cause probable | Geste immédiat | Coût si le code persiste |
|---|---|---|---|
| U, U400 côté Bosch et Siemens | Récipient absent ou raccordement incomplet au bornier | Tester un aimant sous la casserole, puis faire contrôler les pontets du bornier | 30 à 80 € de câblerie et de main-d’œuvre |
| E1, E2, E4, F7 | Surchauffe des cartes ou de la zone, protection thermique | Laisser refroidir 30 minutes, dégager les grilles d’aération | 65 à 100 € pour un ventilateur |
| E3, F9, F02 | Tension secteur anormale, phase manquante, 400 V au lieu de 230 V | Ne pas réutiliser la table, faire vérifier l’installation | 59 à 110 € de déplacement d’un professionnel |
| E5, E8 selon la marque | Sonde de température coupée, en court-circuit ou hors plage | Couper 30 secondes, relancer à froid | 100 à 250 € pour la sonde et son module |
| E6, E7, E9, E531 | Défaut de communication ou capteurs de l’interface tactile | Sécher le dessous du verre, nettoyer le clavier | 110 à 250 € pour la carte, davantage sur les grandes tables |
| F0 | Température ambiante sous 5 °C, sonde qui lit faux | Laisser la pièce se réchauffer avant de relancer | Gratuit si la maison était hors gel |
Pourquoi cette prudence sur la marque ? Parce que les documents des fabricants se contredisent entre eux, et pas sur des détails.
E3 veut dire « appareil branché en 400 V » chez Electrolux, AEG et Faure, et « tension du secteur supérieure à 270 V » chez Sharp. E4 désigne la protection contre la surchauffe d’une zone chez le premier, une erreur de fréquence du réseau chez le second.
E8 signale une seule phase raccordée d’un côté, une sonde de radiateur coupée ou en court-circuit de l’autre. Et le E5 du début de cet article est le pire du lot : sonde de température hors plage chez les uns, tension secteur anormale chez les autres. Soit une pièce à changer d’un côté, une installation à ne surtout pas rebrancher de l’autre.
Une liste de codes trouvée sans nom de marque vous envoie donc régulièrement au mauvais endroit.
La conséquence est concrète : sur le même E8, vous chercherez soit un électricien, soit une sonde à 100 €. Prenez la référence complète de la table, celle qui figure sur l’étiquette signalétique sous l’appareil ou dans le tiroir du dessous, avant d’ouvrir la moindre liste.
Deux repères pour situer la facture. Une carte ou un module de puissance de table à induction se trouve entre 108 et 370 € en pièce détachée selon la référence, et le forfait déplacement plus diagnostic d’un dépanneur à domicile tourne entre 59 et 110 €.
Sur une plaque d’entrée de gamme achetée moins de 400 €, une carte à 250 € plus une intervention pose une vraie question d’arbitrage.
U400, E8, E3 : la plaque va bien, c’est le branchement
Trois codes très courants n’accusent pas la table mais son raccordement, et ils tombent presque tous dans les jours qui suivent une installation ou un déménagement.
U400 signale que l’électronique ne retrouve pas les pontets sur le bornier. En monophasé, il faut un pont entre le fil marron et le fil noir, un autre entre le gris et le bleu. Sans eux, la plaque voit une alimentation qu’elle ne comprend pas et se coupe.
E8 ou E822 veut dire que l’appareil n’est raccordé que sur une seule phase alors qu’il en attend deux. E3, E311, E312 et E313 disent l’inverse et bien pire : l’appareil est branché en 400 V. Dans ce dernier cas, ne rallumez pas la table et faites intervenir un électricien, la tension va détruire les inducteurs.
Aucun de ces trois défauts ne se règle en appelant le service après-vente du fabricant, qui facturera un déplacement pour constater un problème de câblage. C’est l’installateur qu’il faut rappeler, et si la plaque est neuve, la reprise du bornier lui incombe.
F7 et les codes de surchauffe : le problème est sous la plaque
Voilà l’erreur d’ordre qui coûte le plus cher. Un code de surchauffe qui revient jour après jour ne vient pas de la plaque, mais de ce qui l’entoure. La notice des tables Sauter le dit d’ailleurs noir sur blanc : le F7 s’active par exemple quand la table est installée au-dessus d’un four insuffisamment isolé, et la recommandation porte sur l’aération du meuble.
Trois vérifications, dans cet ordre :
- La grille d’aération sous ou sur le côté de la table est-elle dégagée ? Un tiroir bourré de torchons juste dessous suffit à créer le défaut.
- Y a-t-il un four sous la plaque, et a-t-il tourné longtemps avant l’apparition du code ?
- Le meuble laisse-t-il un espace de ventilation à l’arrière, ou le fond a-t-il été refermé lors d’une rénovation ?
Changer la carte sans traiter la ventilation revient à racheter la même panne. Un ventilateur de table à induction coûte environ 66 €, mais s’il souffle dans un caisson fermé, il ne sauvera rien.
Un mot sur les dégâts d’eau, parce qu’ils produisent des codes trompeurs. Une casserole qui déborde envoie du liquide sous le verre et sur les capteurs de l’interface tactile. Le défaut qui en résulte est intermittent, disparaît quelques heures, revient. Avant de conclure à une carte morte, laissez la table hors tension une nuit entière dans une pièce sèche.
Un code d’erreur n’est pas un diagnostic, c’est un symptôme avec un numéro. Les six gestes tiennent dans cet ordre : vérifier que ce qui s’affiche est bien un défaut et non un simple indicateur, couper 30 secondes au disjoncteur, puis refaire la coupure à froid si le code parlait de température.
Les trois suivants ne servent que si le code est revenu : relever la marque et la référence exactes avant d’ouvrir la moindre liste, contrôler le bornier quand le défaut date d’une installation récente, dégager l’aération quand il revient jour après jour.
À ce stade seulement, la question du coût se pose vraiment, et elle se tranche vite. Sous 80 € de pièce, la réparation vaut le coup sur n’importe quelle table. Au-delà de 250 € sur une plaque de plus de huit ans, notre conseil est de comparer avec le prix d’un modèle neuf avant de valider le devis.
Notez le code exact avant d’appeler qui que ce soit, avec la marque et la référence complète de l’appareil. C’est ce qui fait la différence entre un diagnostic au téléphone et un déplacement facturé pour rien.








