7 360 W. C’est ce qu’un circuit de prise 32 ampères en 230 V peut délivrer, contre 3 680 W pour une prise de cuisine classique en 16 A. Une plaque induction encastrable réclame entre 6 000 et 7 400 W quand tous les foyers chauffent : elle n’a donc qu’une place possible, le circuit dédié 32 A du tableau. Reste à le retrouver, à choisir entre prise et sortie de câble, puis à raccorder correctement 3 ou 5 fils. Tout ce qui suit se fait hors tension : disjoncteur général coupé, disjoncteur 32 A coupé, et absence de tension vérifiée au multimètre en position voltmètre avant de toucher un seul conducteur.
Ce que le circuit dédié 32 A doit avoir derrière le mur
La norme NF C 15-100 impose un circuit spécialisé cuisson dans tout logement neuf : une ligne qui part du tableau et n’alimente qu’un seul point, la plaque. Ni le four, ni la hotte, ni un robot ne peuvent s’y greffer, même par une boîte de dérivation. L’idée de dériver le 32 A en un départ 32 A plus un départ 16 A pour caser le four revient souvent, et elle est à proscrire : chaque appareil de gros électroménager a droit à son propre circuit.
En monophasé, la recette est fixe : conducteurs de 6 mm², disjoncteur de 32 A, et en amont un interrupteur différentiel 30 mA de type A. Le type A n’est pas un raffinement : l’électronique d’une plaque induction peut générer des fuites avec une composante continue qu’un différentiel type AC standard ne détecte pas. Le 6 mm² se justifie de la même façon, par la chaleur : plus la section est grosse, moins le câble chauffe quand 30 A le traversent pendant une heure de cuisson.

Ce circuit n’a rien de commun avec le reste de la cuisine. Les prises du plan de travail tournent en 2,5 mm² sous 16 ou 20 A, et l’éclairage en 1,5 mm², la même section qui dessert un interrupteur simple ou un va-et-vient. Entre le fil d’un point lumineux et celui de la plaque, le rapport de section est de 1 à 4.
Détail qui surprend : en construction neuve, ce circuit 32 A est exigé même pour une cuisson au gaz. Le logement doit rester convertible à l’électrique, et l’allumage a de toute façon besoin d’une alimentation.
Où se cache la prise 32 A quand rien n’est visible ?
Cas classique en appartement : un disjoncteur 32 A trône au tableau, deux gros fils en partent, et aucune prise ni boîtier ne se montre dans la cuisine. Si le départ existe, l’arrivée existe aussi. Le premier endroit à fouiller est le coin cuisson d’origine : derrière un meuble bas, sous l’évier, derrière l’emplacement de l’ancienne cuisinière, parfois recouverte par un habillage posé lors d’une rénovation. Chercher là avant d’imaginer tirer une ligne neuve.
Pour confirmer qu’une prise trouvée est bien la bonne, la méthode sûre tient en trois gestes : mesurer 230 V sur la prise au multimètre en position voltmètre, couper le disjoncteur 32 A au tableau, puis remesurer. La prise qui tombe à zéro volt est celle du circuit cuisson. L’œil suffit souvent à trancher plus vite : un conducteur de 6 mm² est multibrin, avec des brins torsadés visibles en bout de fil, alors que le 2,5 mm² des prises ordinaires est un fil plein, monobrin. La prise 32 A elle-même est nettement plus large qu’une prise standard.
Un piège mérite d’être nommé, parce qu’il revient réellement : vouloir « mesurer les ampères » de la prise en passant le multimètre en position ampèremètre, pointes dans les alvéoles, circuit sous tension. Un ampèremètre se comporte comme un fil quasiment sans résistance : branché directement sur une prise alimentée, il provoque un court-circuit franc, dangereux pour l’appareil comme pour la main qui le tient. Sur une prise, une seule mesure a un sens : la tension, en volts, multimètre en position voltmètre. L’intensité du circuit ne se mesure pas là, elle se lit sur le calibre du disjoncteur.
Sortie de câble ou prise 32 A : le choix est vite fait
La SERP vend encore des prises 32 A à fiche, mais l’usage a changé : la grande majorité des plaques encastrables récentes sortent un câble nu, sans fiche moulée. Brancher ce câble dans une sortie de câble, un boîtier mural fermé par une plaque et équipé d’un bornier, est devenu le raccordement de référence. Pas de fiche à acheter, pas de contact qui s’oxyde, une connexion serrée une fois pour toutes.
La prise 32 A murale ne garde qu’un seul vrai cas d’usage : l’appareil qui se débranche, typiquement une cuisinière posée qu’on tire pour nettoyer ou remplacer. Pour une plaque encastrée dans un plan de travail, qui ne bougera pas avant dix ans, la fiche n’apporte rien. Autant le dire franchement : pour une induction encastrable, sortie de câble d’office, la prise à fiche est à réserver aux appareils mobiles.

Côté câble, le 3G6 mm² (phase, neutre, terre en 6 mm²) coûte environ 2 €/m en rouleau et 5 à 6 €/m à la coupe : tirer une ligne de 10 m représente moins de 60 € de cuivre. Deux cas sortent de ce gabarit. Une ligne de plus de 15 m environ entre tableau et cuisine mérite de passer en 10 mm² pour limiter la chute de tension. Et une plaque 5 foyers peut grimper vers 8 500 W : à ce niveau, le couple 32 A / 6 mm² ne suffit plus, il faut un circuit en 3G10 mm² sous disjoncteur 40 A, dimensionné d’après la notice du fabricant.
Et la prise 16 A du plan de travail ? Elle plafonne à 3 680 W. Seule une plaque posable de moins de 3 000 W, branchée seule, sans rallonge ni multiprise, peut s’en contenter. Une encastrable branchée là fera disjoncter la ligne au premier repas complet, dans le meilleur des cas. Dans le pire, le câble de 2,5 mm² chauffe dans la cloison.
Raccorder la plaque induction, étape par étape
Le raccordement proprement dit prend moins de 30 minutes. La coupure et la vérification, elles, ne se négocient pas : c’est l’étape 1, avant toute autre.
- Couper et vérifier. Disjoncteur général abaissé, disjoncteur 32 A abaissé. Vérifier ensuite l’absence de tension directement sur les fils de la sortie de câble, multimètre en position voltmètre : la mesure doit rester à zéro volt entre phase et neutre, phase et terre, neutre et terre.
- Ouvrir la sortie de câble. Déposer la plaque de finition, repérer les trois conducteurs muraux : phase (rouge, marron ou noir), neutre (bleu), terre (vert et jaune).
- Préparer le câble de la plaque. Dénuder sur 12 à 15 mm selon le bornier. Un câble souple type H07V-K exige des embouts à sertir avant serrage : un toron nu écrasé sous une vis se desserre avec les cycles de chauffe. Un conducteur rigide entre directement en borne.
- Traiter le cas des 5 fils. Beaucoup d’inductions sortent 5 conducteurs pour permettre un branchement sur deux phases : deux phases (noir et marron), deux neutres (gris et bleu), une terre. Sur une installation monophasée, la notice demande de coupler noir et marron ensemble sur la phase murale, gris et bleu ensemble sur le neutre. Des ponts livrés sur le bornier de la plaque font souvent déjà ce couplage : vérifier leur position sur le schéma de la notice avant de serrer.
- Serrer et contrôler. Chaque conducteur tire sans bouger quand on le teste à la main. Un fil de 6 mm² mal serré est le point chaud le plus courant d’un circuit cuisson.
- Refermer. Reposer la plaque de la sortie de câble, fixer le câble dans son serre-câble pour qu’aucune traction n’arrive aux bornes.

À la première mise sous tension, deux comportements dérangent souvent à tort. Des touches qui ne répondent pas signalent la plupart du temps un simple verrouillage enfant actif sur la plaque induction, pas un défaut de branchement. Et un affichage clignotant se décode avant de tout démonter : chaque code erreur d’une plaque induction a une signification précise, et plusieurs pointent justement un couplage de phases mal fait à l’étape 4.
La check-list avant de remettre le courant
Cinq vérifications, deux minutes, à faire dans l’ordre avant de relever le disjoncteur :
- Le circuit alimente la plaque et rien d’autre : aucune dérivation, aucun domino en attente dans un fond de meuble.
- Le calibre et la section concordent : 32 A avec du 6 mm² multibrin, ou 40 A avec du 10 mm² pour les plaques au-delà de 7 400 W.
- Un interrupteur différentiel 30 mA de type A protège bien la rangée du circuit cuisson au tableau.
- Chaque borne est serrée, testée en tirant sur le fil, embouts sertis sur tout conducteur souple, ponts de couplage conformes au schéma de la notice.
- Le capot de la sortie de câble est refermé et le câble pris dans son serre-câble.
Ensuite seulement, relever le 32 A puis le général, et lancer une casserole d’eau sur le plus gros foyer : dix minutes à pleine puissance sans déclenchement ni odeur de chauffe valident le travail. Au moindre doute sur l’état du circuit ou du tableau, la main passe à un électricien : sur un circuit qui véhicule 7 360 W, une borne approximative finit par coûter plus cher que l’intervention.








